juil 082010
 

Un exemple illustre l’état d’esprit régnant au sein de la droite locale. C’est l’avis transmis au commissaire enquêteur par l’un de ses élus et rendu public par ses soins. Sans percevoir la charge d’ironie involontaire contenue dans ses propos, celui-ci se lance dans une description idéalisée d’Aulnay. Extrait : «  L’équilibre qui a été trouvé entre les zones pavillonnaires et les secteurs d’habitat collectif participe à ce charme que beaucoup de villes voisines nous envient. Or, le projet de modification du PLU tend à rompre l’harmonie existante ». Cette version actualisée du Candide de Voltaire, où  tout est bien dans le meilleur des mondes possibles, fait seulement l’impasse sur quelques réalités tenaces : les émeutes urbaines de 2005, les 3000 demandeurs de logement ou encore les fractures persistantes entre parties de la ville. Cela me remet à l’esprit une citation de François Mauriac, écrivain catholique : « Nous avons perdu – et c’est peut-être un grand malheur – le sens de l’indignation et du dégoût, nous osons lire dans les plus pauvres yeux, parce que rien ne nous indigne, rien ne nous dégoûte de ce qui est humain. »

 Publié par à 15 h 54 min

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