Les grandes manœuvres se confirment s’agissant de la prise en charge de la dépendance des personnes âgées. Lundi 9 mai, la ministre Roselyne Bachelot lançait à Nantes le premier des quatre débats interrégionaux sur la perte d’autonomie. Deux jours plus tard, elle présentait en conseil des ministres les premières pistes de financement en précisant que les arbitrages définitifs auraient lieu en juillet, pendant les vacances…
Tout porte à la plus extrême vigilance. Le vote du budget rectificatif de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), qui a eu lieu le 12 avril dernier, a confirmé la tendance à la baisse des crédits de l’Etat : taux directeur à O% pour le fonctionnement des établissements et des services existants ; poursuite du gel des crédits ; coup d’arrêt au processus de modernisation des établissements.
On sait que le nombre de personnes âgées dépendantes devraient augmenter, passant de 1,15 millions en 2010 à 2,3 millions en 2060. Et qu’une fois toutes les aides versées, le coût pour les familles reste considérable : 1000 euros par mois quand une personne âgée reste chez elle, le double quand elle est hébergée en établissement. Comme pour les retraites, un choix de société est en jeu. L’effort national indispensable doit-il reposer sur les plus modestes et les classes moyennes, ou englober par exemple les revenus générés par le capital ?
Ce n’est un secret pour personne, je suis plutôt favorable à la seconde option. D’autant plus que de récentes études viennent de confirmer que les 0,1% des Français les plus riches (15 000 personnes) ont bénéficié ces dernières années des augmentations de revenus les plus fortes : c’est le secteur de la finance qui y a d’ailleurs contribué pour moitié. Et c’est le moment que choisit le gouvernement pour proposer, en guise de compensation à la mort politique du bouclier fiscal, l’allégement de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) …

